lundi 25 novembre 2013

Faire ses courses un samedi après-midi du mois de novembre...Le minute par minute

Dis, Maman, ce sont des vraies choses qui se mangent ?

...seule dans Paris avec 4 enfants c'est...


15h30 - Partir en croisant les doigts pour n'en perdre aucun en chemin, dans le train, dans la rue, dans le métro, dans les magasins.

15h32 - S'apercevoir qu'au départ tous les signaux sont au vert. Chouette, pour une fois Maman s'occupe de nous, elle va nous acheter des chaussures....

15h37- Arriver à la gare et s'apercevoir qu'il nous manque des tickets. Pas de bol, 10 personnes font la queue et un colis suspect (un panier avec une botte de poireaux) trône devant la billetterie automatique.

15h38- Récupérer ses billets pendant que l'Albatros teste toutes les possibilités de l'écran tactile.

15h39- Se dire qu'on a eu de la chance qu'elle n'appuie pas sur "annuler".

15h40- partir vers le quai, la poussette dans l'ascenseur, les valides par l'escalier. Ne retrouver qu'un des deux valides une fois en haut.

15h42- Voir le train arriver, avoir enfin retrouvé l'Albatros qui jouait à cache-cache sur le quai et lui demander si elle peut donner la main à sa soeur pour monter dans le train (please mind the gap !), l'entendre répondre "non merci".

15h43-Ordonner à sa fille aînée de donner la main à Milou sinon ça va barder, si ça continue je vais te mettre la tête entre tes deux oreilles, tu vas voir !

15h44-Grimper dans le train, écrabouiller deux/trois paires de pieds qui ne se sont pas aperçues qu'une poussette rentrait. N'avoir aucune pitié. Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois.

15h50- Sortir sans encombre du train (tu donnes la main à ta soeur, compris ? Mouais...) et tomber nez à nez avec un Escalator en panne. Pas de bol.

15h51-Avoir une proposition du P'tit Prince pour m'aider à porter la poussette. Kro mignon.

15h52- Finalement, une brave dame qui passait par là se propose aussi, ouf...parce que les biscotos du P'tit Prince ne sont pas si développés qu'il n'y parait.

15h55- Arrivés au niveau de la rue, s'engouffrer dans les rues adjacentes à la recherche de LA boutique de chaussures.

16h00- Rentrer dans la boutique et s'apercevoir qu'il n'y a pas une once de place pour circuler dedans. LE magasin dans lequel tu devais tout trouver est en liquidation. Côté choix, ce n'est pas génial.

16h15-Trouver une paire de bottes pour l'Albatros.

16h17- Essayer la paire de bottes, sans tes baskets, oui, c'est mieux.

16h25- Essayer une autre paire de bottes, parce que celles-là elles sont moches.

16h26- Qu'est-ce qui ne va pas dans ces bottes? Elles sont moches, mais encore? Elles sont moches, nous voilà bien avancés.

16h30- Essayer encore une autre paire. Décider in petto (j'ai délaissé ma Ford intérieure cette fois) que celles-là seront les bonnes et que l'argument "moche" ne l'emportera pas.

16h31- Entendre "celles-là elles sont moches" mais décider de les acheter quand même.

16h36- Sortir enfin du magasin avec une paire au lieu de deux because la liquidation.

16h37- Entendre quatre "j'ai faim".

16h38- Descendre la rue et sortir sa première cartouche : le goûter du boulanger. Une chose que je ne pratique qu'une fois par an, le jour des courses de chaussures, allez  savoir pourquoi, mais qui me garantit une paix relative pendant toutes les courses.

16h42- Choisir avec délectation son goûter, son préféré, celui qui nous fait rêver.

16h43- Sortir et commencer les négociations pour croquer dans celui du voisin en échange d'une petite part du sien.

16h47- Reprendre le métro, redescendre des escaliers avec la poussette, re-pousser tout le monde.

16h59- Sortir à Saint Lazare au milieu d'une marée humaine, des trottoirs noirs de monde. Pourtant nous ne sommes pas encore au mois de décembre...ça promet.

17h00- Se demander si c'était vraiment l'idée du siècle d'aller là un samedi du mois de novembre.

17h05- Traverser les rues avec des centaines d'autres personnes.

17h09- Sortir un bout de cartouche en regardant l'une des vitrines de Noël du Printemps.

17h16- Repartir avec une équipe les yeux remplis d'étoiles et remonter la rue Tronchet.

17h20- Croiser un chocolatier qui fait sa promo et qui gratifie chacun d'un chocolat blanc.Cartouche imprévue mais cartouche quand même, nous repartons plein d'énergie prêts à affronter le Décath de la Madeleine.

17h30-Prendre l'ascenseur pour descendre dans le magasin.

17h31-Entendre Milou dire : "J'ai envie de faire pipi"

17h32-S'entendre lui répondre :"va falloir serrer les fesses" parce que c'est pas gagné cette affaire-là.

17h33- Avoir bien fait de recharger nos cartouches, le magasin est noir de monde. 40 personnes à chaque caisse, parvenir à grand peine au rayon des chaussures...

17h34- Se souvenir qu'on cherche aussi des toilettes...

17h35- Chercher une personne du magasin pour obtenir la direction de l'endroit tant convoité.

17h36- Il n'y a pas d'endroit tant convoité chez Décath... Dommage.

17h37- Dire à l'Albatros de se grouiller d'essayer ses chaussures. Idem pour le P'tit Prince.

17h38- Bon allez les gars, on va pas s'appesantir ni rester dix ans ici, elles vont très bien ces chaussures (croiser les doigts en espérant que ce soit vrai et se dire qu'au pire on reviendra tranquillement seule échanger les paires)

17h39- Courir chercher la caisse avec le moins de monde (critère : moins de 30 personnes),en repérer une, pas si longue, mais qui en croise quand même une autre (il y a tellement de monde que les queues se croisent).

17h40- Prier pour que Milou, qui danse d'un pied sur l'autre depuis un moment déjà, tienne encore quelques trente  minutes , éviter d'y penser trop quand même.

17h41- Entendre juste derrière soi un monsieur de l'autre file (croisée) vous dire : "passez devant, vous n'allez pas attendre aussi longtemps avec vos enfants !"

17h42- Ne pas en croire ses oreilles ! Il n'y a que 5 personnes devant le monsieur ! Avoir envie de l'embrasser sur les deux joues, de lui faire la danse de la joie, se remplir d'une reconnaissance infinie. On va peut-être éviter la flaque de pipi par terre.

17h44- A peine le temps de dire ouf, se retrouver à la caisse, YES!!!

17h45-Payer en 30 secondes et filer à toute vitesse trouver un caniveau accueillant pour Milou.

17h50- Tout le monde est soulagé. Certaines plus que d'autres. Nous reprenons l'esprit tranquille vers la suite de nos aventures.

18h00- S'enfiler toutes les vitrines du Printemps, éviter d'en perdre un.

18h20-Se dire qu'on va vite prendre le train et rentrer chez soi bien au chaud

18h45- OUF Mission accomplie.

Pendant tout ce temps, Madame Ours, qui ne se traine pas sa palanquée de lardons, est allée faire quelques emplettes chez Prada. Elle a tellement regardé les jolies pierres des joailliers qu'elle en a plein les yeux. La pauvrette, elle ne s'est aperçue de rien, mais je crois qu'elle s'est faite plumer...(surtout au niveau des yeux).




14 commentaires:

  1. Les mères de famille sont des héroïnes... surtout le samedi après midi boulevard Haussmann avec toute leur progéniture. Bravo de n'en avoir perdu aucun (je suis assez sensible au sujet depuis quelques temps...)

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    1. Maintenant que tu es mère de super héros, tu n'as plus rien à craindre.

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  2. Excellent ! j'ai bien ri !!! et bravo en effet pour ce périple ! Nous avons eu le droit d'accéder aux toilettes décathlon (celles du personnel donc) de Madeleine, avec Fouiny (nous connaissons aussi celles du Monoprix à côté de chez nous ...) tout est dans le regard je crois ... avant d'être dans le slip.
    Bon repos pour aujourd'hui !

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    1. Pas le choix pour le périple, le Grand Blond travaille très souvent le samedi. Acheter des chaussures sans avoir sous la main les pieds correspondants devient trop compliqué, à moi les courses du samedi, yes !

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  3. J'aime bien ces moments de vrai vie qui nous disent "c'est pareil chez les autres " !

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    1. ça,pour de la vraie vie, c'est de la vraie vie. En y repensant, j'ai même oublié quelques étapes.

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  4. quelle aventure ! oui, Albane a raison : une héroïne des temps modernes !
    j'ai de moins envie de tenter ce genre d'expérience ...

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  5. Houlala ! les courses de chaussures avec quatre, dans Paris, tu fais fort quand même !
    je t'admire et te tire mon chapeau.
    Ici on a la chance d'avoir un destock d'Er*m juste à côté. on y va à pieds, c'est plus simple. Et puis le lycéen qui a trop la honte de ses petits frères passe commande. " ca t'en fera un de moins à gérer qu'il me dit gentiment ". Le traître ...

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    1. J'ai fait la démarche inverse de la tienne.J'ai commencé par les acheter à distance mais comme je me suis vraiment trop plantée dans les pointures, maintenant j'emmène tout le monde.

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  6. Waouh, je suis admirative !
    Je sors souvent avec mes 4, mais jamais à Paris ;-)
    C'est les jeux olympiques de la sortie seule avec 4 enfants !!!
    Et là, tu mérites carrément la médaille d'or.
    A part ça, j'ai bien ri, je m'y vois tellement ...

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    1. Je n'étais pas la seule médaillée d'or dans les magasins ! Par contre, je dois reconnaitre que les enfants ont été vraiment sympas !

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  7. Moi je dis, trop facile le titre! Bon, le contenue, je ne suis plus tentée tout d'un coup... Ou alors, faudrait que ce soit (malheureusement) leur quotidien: ils seraient blasés et suivraient (peut-être) en pianotant sur leurs DS?

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    1. Je ne comprends pas ! C'est tentant quand même ! Non ?

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