Puis-je être bienveillante, positive avec mes enfants (et mon mari) quand je n'ai pas un moment pour me poser, quand personne ne prend le relais, quand chaque jour apporte son lot de contrariétés ou drames plus ou moins lourds suivant les familles, quand mes enfants sont particulièrement inspirés pour me faire tourner en bourrique, quand je n'ai pas le temps de dormir, de prendre du temps pour moi, quand la vie ne me fait pas de cadeau ?
Non, évidemment, dans ces conditions-là, il est héroïque de pouvoir rester bienveillant. C'est de l'ordre du miracle de pouvoir le rester...
Or, avec l'éducation bienveillante, se développe tout un ensemble de "diktats" pour être une bonne mère (ou un bon parent). La bonne mère accueille toujours avec bienveillance l'expression des émotions de ses enfants par exemple...sous entendu, si tu ne le fais pas, tu es une mauvaise mère...
Sur ce blog, j'ai toujours essayé d'envisager l'éducation positive (ou bienveillante, appelez ça comme vous voulez), comme un bouquet d' outils dont je peux me servir. Je sais qu'ils existent, et pour autant, je ne m'en sers pas toujours. Ce sont des portes de sorties, des fenêtres qui permettent d'envisager une autre manière de faire. Mais croyez-moi (et ceux qui me connaissent peuvent en témoigner), non, je ne suis pas toujours bienveillante, non je n'ai pas toujours envie de faire un effort pour que les choses se passent mieux, non tout ne se résout pas d'un coup de baguette magique grâce à une super technique. C'est pour cela que j'envisage ici les choses sous la forme de petits pas... juste des petits pas, chaque jour, quand c'est possible et parfois ça ne l'est pas. Et ça n'est pas grave que cela ne le soit pas. On a le droit de ne pas pouvoir faire ce petit pas sans culpabiliser. Chaque jour faire de son mieux même si le mieux n'est pas extraordinaire voire carrément au ras des pâquerettes...
Oui, parfois nous avons des réactions inadéquates par rapport à la bienveillance que l'on nous demande d'avoir en tant que parent...et je ne vous parle même pas des réactions des enseignants dans leur classe (ils subissent également ce diktat du 100% bienveillant, or, comme nous, ils sont humains).
Nous sommes simplement humains, bêtement humains, courageusement humains, généreusement humains. Nous nous trompons humainement et c'est très bien comme ça. Imaginez si nos enfants avaient affaire à des parents parfaits ? Comment imaginer pouvoir faire mieux ou autrement que ses parents dans ce cas ?
Alors réjouissons-nous de nos imperfections, de nos erreurs, de nos maladresses, de nos errements et cessons de culpabiliser. La vie est ainsi. Imparfaite. Imparfaite et belle.






