vendredi 17 février 2017

Le porteur d'eau



En Inde, un porteur d'eau avait deux grands pots qu'il portait sur ses épaules, accrochés aux deux extrémités d'une perche. L'un des pots était fêlé, tandis que l'autre était parfait. Chaque jour, le porteur d'eau allait remplir ses pots au ruisseau et les ramenait à la maison du Maître/ Le pot parfait arrivait complètement rempli tandis que le pot fendu, laissant échapper son eau, arrivait seulement à moitié plein.

Evidemment, le pot parfait était fier de ses dons : il remplissait extrêmement bien le rôle pour lequel il avait été créé. A l'inverse, le pot fendu avait honte de son imperfection, il se sentait misérable parce qu'il ne pouvait accomplir que la moitié de ce pourquoi il avait été conçu. Un jour, au bout de deux ans, il parla au porteur d'eau alors qu'ils se trouvaient près du ruisseau :

"J'ai honte de moi et je veux m'excuser.
- pourquoi, demanda le porteur d'eau, de quoi as tu honte ?
- Durant ces deux années, je n'ai été capable de faire que la moitié de ma tâche parce que cette fêlure me fait perdre de l'eau tout au long du retour, jusqu'à la maison du Maître. Et à cause de mon imperfection, tu as du travail supplémentaire et tu n'es pas pleinement récompensé de tes efforts."

Le porteur d'eau se sentait tout désolé pour le vieux pot fendu. Dans sa compassion, il lui dit :  "Rentrons à la maison du Maître, et je veux que tu fasses attention aux jolies fleurs qui ont poussé le long du chemin."

Comme ils remontaient la colline, le pot craquelé remarqué que le soleil chauffait de belles fleurs sur le côté du chemin, et cela le réjouit. Cependant, sur la fin du trajet, il se sentit de nouveau malheureux : comme à l'accoutumée, il avait perdu la moitié de sa charge. Il s'excusa encore auprès du porteur d'eau pour son échec. Le porteur lui dit: "As-tu remarqué qu'il y avait des fleurs seulement du côté de ton passage, et non du côté de l'autre pot ? c'est parce que j'ai toujours su que tu avais ce défaut, et je l'ai tourné en avantage. J'ai planté des graines seulement du côté de ton passage et chaque jour, lorsque nous revenons du ruisseau, tu les arroses. Pendant deux ans, j'ai pu cueillir ces jolies fleurs pour décorer la table de mon maître. Sans toi, tel que tu es, il n'y aurait pas cette beauté pour donner de la grâce à sa maison."

Source : La psychologie positive avec les enfants. Agnès Dutheil


2 commentaires:

  1. j'aime bien ce texte.. j'aimerais bien aussi savoir valoriser chaque jous chauque particularité de mes enfants ainsi...

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    1. L'essentiel c'est d'essayer...petit pas par petit pas...

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